Guide pratique d’archivage et de conservation des données
1. Les objectifs des fiches pratiques
Les fiches pratiques ont pour vocation de fournir un cadre opérationnel commun afin d’accompagner les acteurs concernés dans la gestion, la conservation et l’archivage des informations tout au long de leur cycle de vie.
- Aide à l’organisation fonctionnelle destinée aux utilisateurs
- Aide à la rédaction des CCTP et à la décision lors du choix de l’éditeur
- Rappel des contraintes réglementaires, fonctionnelles et techniques
- Aide à la gestion documentaire pour les utilisateurs ENT (EPLE) – voir le référentiel de conservation (XLSX ou ODS).
Le sort final des informations figurant dans le référentiel de conservation annexé au présent guide est à ce stade une recommandation. Elle devra être validée au cas par cas par chaque instance locale en charge du contrôle scientifique et technique. Une déclinaison du Service interministériel des archives de France devrait suivre et fixer réglementairement les durées de conservation et les sorts finaux à appliquer pour chaque typologie.
2. Les acteurs et périmètres de l’archivage
2.1. Exercice du CST
Le CST de l'État est un ensemble de procédures destiné à garantir et protéger le patrimoine culturel en France. Dans le cadre des archives publiques, il permet notamment de s’assurer que leurs conditions de traitement et de conservation sont satisfaisantes.
Pour les archives de l’Éducation nationale, il est exercé :
À l’échelon central par le conservateur, chef de la MAPC ;
À l’échelon local par les directeurs et directrices des archives départementales.
La question de l’échelon d’exercice du CST est ainsi essentielle à la bonne gestion des données, et tout particulièrement de celles produites et conservées dans un système d’information (SI).
Trois situations ont été identifiées pour éclaircir ce point :
| Cas | Exploitation du SI et hébergement des données | Exercice du CST |
|---|---|---|
| Cas n° 1 | SI porté par l’État et données hébergées à l’échelon central | MAPC |
| Cas n° 2 | SI porté par un service de l’État (académie, rectorat) ou par une collectivité, l’un ou l’autre en charge de l’hébergement des données | Archives départementales concernées |
| Cas n° 3 | SI porté à l’échelon national et dont l’hébergement des données est déconcentré (collectivité, académie…) | Cette situation nécessitera une étude au cas par cas pour définir l’échelon responsable |
2.2. Responsabilité de l’archivage
Pour rappel, le cycle de vie d’une donnée est divisé en trois âges selon l’usage qui en est fait et la valeur qui lui est accordée1.
La responsabilité de l’archivage d’une donnée n’incombe pas aux mêmes personnes ou services selon le moment dans le cycle de vie, mais également selon l’échelon considéré.
| Échelon | Archivage courant | Archivage intermédiaire | Archivage définitif |
|---|---|---|---|
| Échelon national | Utilisateur de la solution | MAPC | Archives nationales |
| Échelon local | Utilisateur de la solution | Selon arbitrage : - Collectivité (si reconnue en charge) - Rectorat / de la DSDEN (si État reconnu en charge) |
Obligatoirement un service d’archives publiques : - Archives départementales - Archives régionales |
* la DSI de l’entité pourra assurer la MOE.
3. Le contexte normatif
La normalisation, phénomène provenant du monde de la technique ou de l'industrie, concerne dorénavant également les questions documentaires et numériques. Ces aspects se sont fortement développés durant les quinze dernières années.
Les normes sont le fruit d'une collaboration entre experts, prestataires et utilisateurs. Elles visent l'amélioration collective, ainsi que l'interopérabilité.
| Référence | Intitulé de la norme | Usage de la norme |
|---|---|---|
| NF Z42 013 | — | La norme Z42-013 a été diffusée par l'AFNOR dès 1999 et révisée plusieurs fois. Elle décrit « les mesures techniques et organisationnelles à mettre en œuvre pour l'enregistrement, le stockage et la restitution de documents électroniques afin d'en assurer la conservation et l'intégrité ». Elle énonce quatre exigences pour l'archivage, en accord avec la législation française : Pérennité : recommandation d'utiliser des formats ouverts, normalisés ou standardisés, facilitant les nécessaires migrations. Intégrité : sécurisation optimale des processus de stockage et de destruction. Sécurité : duplication des données, processus d'authentification, chiffrement et déchiffrement des documents. Traçabilité : horodatage, tenue d'un dossier technique, journal du cycle de vie des archives et journal des événements. La norme NF Z 42-013 a permis de normaliser le domaine du tiers-archivage, ainsi que celui de l'édition de logiciels et de services concernant l'intégrité des documents numériques. |
| ISO 14641-1 | Archivage électronique – Partie 1 : Spécifications relatives à la conception et au fonctionnement d'un système d'information pour la conservation d'informations électroniques (2012) | Cette norme, issue de la norme AFNOR Z42013, est axée sur la conservation sécurisée des documents numériques. Elle présente les mesures techniques et organisationnelles à mettre en œuvre pour l'enregistrement, le stockage et la restitution de documents électroniques afin d'en assurer l'authenticité, l'intégrité, la fiabilité et l'exploitabilité aussi bien à court terme que dans la longue durée. |
| ISO 14721 | Systèmes de transfert des informations et données spatiales – Système ouvert d'archivage d'information (OAIS) – Modèle de référence (2003) Open Archival Information System (OAIS) |
Ce standard de référence basé sur le modèle OAIS publié en 2003 et mis à jour en 2011 concerne l'archivage à long terme des informations existant sous forme numérique, en prenant en compte les évolutions technologiques ou la perte de l'environnement original d'utilisation. Il est à l'heure actuelle reconnu au niveau international. Ce modèle émet des recommandations techniques, spécifie les termes et énonce les concepts s'appliquant à un Système ouvert d'archivage d'information. Il identifie également les acteurs, décrit les fonctions et les flux d'information et propose un modèle d'information. Un des préalables de l'OAIS est qu'il faut « bien identifier ce que l'on veut conserver ». |
| ISO 15489 | Information et documentation | ISO 15489 est une norme internationale sur la gestion des documents, éditée originellement en anglais en 2001 et en français en 2002 par l'Organisation internationale de normalisation. Elle est reconnue comme fondatrice sur la normalisation du records management. Elle détermine les concepts et les principes à partir desquels sont élaborées les méthodes de création, de capture et de gestion des documents d'activité. |
| SEDA | Standard d'échanges de données pour l'archivage | Le SEDA est un modèle français élaboré en 2006, issu de la collaboration du SIAF et de la DGME, visant à fournir un cadre normatif aux échanges entre les services d'archives et leurs partenaires. Il permet de modéliser les transactions entre les acteurs de l'archivage en vue d'une interopérabilité. Il a été mis à jour en 2014 par la norme NF Z44-022 dite MEDONA. |
| NF Z42 026 | Définition et spécifications des prestations de numérisation fidèle de documents sur support papier et contrôle de ces prestations | La norme NF 42-026 porte sur la définition et les spécifications des « prestations de numérisation fidèle de documents ». Elle précise les conditions dans lesquelles doit être numérisé un document afin de permettre une équivalence entre le support papier et le format numérique. |
| ISO 9001 | Organisation du système de management de la qualité | Cette norme définit des exigences pour la mise en place d'un système de management de la qualité pour les organismes souhaitant améliorer en permanence la satisfaction de leurs clients et fournir des produits et services conformes. La norme ISO 9001 s'adresse à tous les organismes, quels que soient leur taille et leur secteur d'activité. |
4. Gestion des données
4.1. La notion de cycle de vie
4.1.1 Définitions
Le cycle de vie s’entend tout au long de la vie des données : archivage courant, intermédiaire et définitif.
La nature, la valeur informationnelle, les éventuels durées de conservation réglementaire mais aussi le sort final qui leur est réservé doivent être connus dès la naissance de l’information (données, documents, enregistrements audio ou vidéo, iconographies…).
4.1.2 Mise en œuvre du Records Management (norme ISO 15 489)

La nature d’archives publiques existe dès la création de l’information. La question de l’archivage ne se pose pas uniquement au stade intermédiaire.
L’information a une vie courante : de sa création à sa fin d’utilisation fréquente et régulière en passant par sa phase de consolidation et de fixation en une version définitive.
La valeur des archives se découpe en deux temps :
- Valeur primaire : notion de preuve probante, justification de l’activité
- Valeur secondaire : intérêt scientifique, statistique ou historique

L’information a une durée d’utilité pratique (DUP) et/ou une durée d’utilité administrative (DUA), cette dernière étant réglementairement fixée. Cette durée fixe généralement le temps d’archivage intermédiaire qui correspond à la fin de l’utilité fréquente de l’information consolidée au terme de la durée de conservation légale ou la fin d’utilité définit en commun accord entre le service et le CST.
Lors de l’archivage intermédiaire, une sélection peut être opérée en fonction des différentes versions réalisées.
Au terme de cette DUA ou DUP une sélection s’opère selon le sort final définit préalablement : soit l’information est éliminée soit elle est archivée définitivement pour des raisons d’intérêt scientifique historique ou statistique (en totalité ou échantillonnée).
Rappel : les archives publiques doivent obligatoirement être versées dans un service d’archives publiques (Archives nationales ou Archives départementales).
Au vu de ces contraintes organisationnelles, fonctionnelles et réglementaires, et dans le cadre des réflexions autour de la mise à jour du SDET et du travail méthodologique associé, la Mission des archives et du patrimoine culturel (MAPC) du ministère chargé de l’Éducation nationale a élaboré un référentiel de conservation, outil d’aide à la gestion documentaire, annexé au présent document.

4.2. Mise en œuvre des différentes étapes fonctionnelles liées à la gestion documentaire tout au long du cycle de vie
4.2.1 Tri / Sélection / Echantillonnage
Les données produites par des applications telles que les ENT peuvent représenter un volume important, et il n’est pas forcément nécessaire de conserver l’ensemble de cette production pour l’archivage. Le référentiel de conservation indique ainsi que certaines données doivent faire l’objet d’un tri à l’issue de leur DUA/DUP avant d’être soit conservées pour l’archivage, soit éliminées.
Ce tri peut prendre plusieurs formes :
- Une sélection de documents récapitulatifs (par exemple : conserver la version finale d’un travail et éliminer les versions intermédiaires) ;
- Une sélection qualitative (par exemple : conserver les travaux ayant reçu les meilleures notes) ;
- Sélection d’un spécimen (par exemple : conserver 4 ou 5 dossiers complets d’un ensemble plus importants afin de témoigner de la composition de ce type de dossiers) ;
- Un échantillonnage systématique (par exemple : ne conserver qu’un pourcentage déterminé à l’avance d’un ensemble important de documents très homogènes).
Cette démarche de sélection demande plusieurs prérequis indispensables :
- La validation de la personne exerçant le CST sur ces données ;
- La collecte et l’accessibilité des métadonnées minimales nécessaires à la méthode de tri choisie ;
- La possibilité d’utiliser ces métadonnées pour trier la production de l’application et n’exporter qu’une partie des données.
4.2.2 Transferts
L’interopérabilité et la réversibilité des données produites ou stockées dans une application sont essentielles à la mise en œuvre du RM.
La fonction d’export de l’ENT doit donc pouvoir préparer les données aux transferts suivant :
- Vers le même ENT (réversibilité)
- Vers un autre ENT
- Vers une GED
- Vers un SAE
- Vers un serveur
L’export mais aussi l’import des données doit pouvoir se faire facilement pour l’utilisateur, de manière à limiter la manipulation des données à l’extérieur de l’application à son strict minimum.
4.2.3 Eliminations
La réglementation française (Code du patrimoine, circulaires…) mais également européenne (Règlement général sur la protection des données) imposent que certaines données soient éliminées à l’issue de leur DUA/DUP, comme l’indique le référentiel de conservation. Aucune opération d’élimination ne peut cependant être lancée sans la validation explicite de la personne exerçant le CST, matérialisée par la signature d’un bordereau d’élimination (BE). Attention : toute élimination « sauvage » d’archives publiques est passible de sanctions pénales2.
L’ENT doit donc permettre :
- d’identifier ces données avec précision en se basant sur les métadonnées adéquates ;
- de fournir la liste de ces données afin de tracer et faire valider l’élimination par la personne exerçant le CST ;
- d’éliminer ces données de manière ciblée ou par lot suivant le besoin de l’utilisateur.
5. Archivage et sauvegarde : quelles différences ?
Les informations numériques sont par nature très vulnérables. Les risques de perte de documents, d’altération ou de destruction (intentionnelle ou non) et les problèmes de sécurité (accès non autorisé aux documents, usurpation d’identité, virus informatiques, etc.) sont donc accrus par la dématérialisation de l’information. Enfin, de nouveaux risques juridiques ont vu le jour dans le contexte électronique.
La production numérique est également caractérisée par l’importance des métadonnées, c’est-à-dire des informations permettant de documenter la production. Elles sont indispensables pour restituer correctement l’information d’un point de vue technique, mais aussi d’un point de vue archivistique, afin notamment de conserver les informations dans leur contexte et de préserver le lien entre ces informations et le producteur. La qualité des métadonnées a une influence directe sur la gestion et la conservation des archives numériques.
Sur ces deux points il est indispensable de faire la différence entre archivage électronique et sauvegarde informatique. Cette dernière n’est qu’une copie de sécurité et ne garantit pas la conservation de l’information indépendamment des évolutions techniques. À l’inverse, l’archivage électronique doit garantir un certain nombre de points :
- l’intégrité (protection contre les altérations intentionnelles et non intentionnelles) ;
- la pérennité (lisibilité et exploitabilité de documents à long terme) ;
- la sécurité (sécurité des salles informatiques, duplication des données sur des sites distants) ;
- la confidentialité (contrôle de l’accès aux documents) ;
- la traçabilité ;
- la réversibilité et la portabilité des données.
6. Fiche pratique : format de données
Un format de données est la façon dont est représentée une donnée dans un système informatique. Cet élément joue un rôle central tout au long du cycle de vie de la donnée : de sa création jusqu’à son éventuel archivage.
Le format doit donc participer pleinement à la pérennisation de la donnée, c’est-à-dire au maintien de son accessibilité et de son intelligibilité dans le temps. Cet objectif peut se décliner en trois exigences :
- Garantir l’accessibilité : les données doivent demeurer lisibles sur toute la durée de leur conservation ;
- Favoriser l’interopérabilité : les données doivent être facilement transposables et utilisables dans des systèmes différents de celui où elles ont été produites et/ou sont conservées ;
- Assurer une fiabilité à long terme : les données doivent demeurer intègres et non altérées sur toute la durée de leur conservation.
Afin de répondre au mieux à ces exigences, il convient de privilégier des formats :
- Ouverts, dont la spécification est publiquement accessible ;
- Libres (non-propriétaires) ou, à défaut, dont l’usage est largement répandu.
Des préconisations ont été émises par plusieurs institutions et organismes en charge de l’archivage de données. Parmi ces initiatives, il est possible de s’appuyer sur :
- Le Référentiel général d’interopérabilité dont la dernière version a été publiée en 2016 par la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (voir plus spécifiquement le point 4. Interopérabilité syntaxique) ;
- Les recommandations concernant les formats acceptés, tolérés ou refusés par les Archives nationales de France ci-dessous (reproduit et adapté à l’usage de nos utilisateurs).
6.1. Données structurées
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Données structurées, systèmes d’information, applications métier, bases de données | Contacter le service en charge de l’archivage définitif | Non précisé | Non précisé |
6.2. Bureautique
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Bureautique | ODF "Open Document Format" (ODT, ODP, ODS, ODG, etc.) | Acceptés | Sans traitement |
| Bureautique | Suite Microsoft Office (DOC, DOCX, XLS, XLSX, PPT, PPTX, RTF, etc.) | Acceptés | Sans traitement |
| Bureautique | Suite Microsoft Office avec Macro (DOCM, PPTM, XLSM, etc.) | Acceptés | Sans traitement |
| Bureautique | TXT (codage UTF-8) | Acceptés | Sans traitement |
| Bureautique | PDF, PDF/A (ISO 19005), PDF/A-1b, PDF/A-2 | Acceptés, avec les fichiers dans leur format d’origine s’il s’agit d’une conversion | Sans traitement |
| Bureautique | EPUB | Acceptés si intérêt archivistique | Sans traitement |
6.3. Compression bureautique
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Compression bureautique | 7ZIP, RAR, TAR, TARBZ2, TARGZ2, ZIP, GZ, BZ, BZ2, 7Z, etc. | Refusés | Décompression |
6.4. Messageries
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Messageries | EML | Acceptés | Extraction des pièces jointes et du contenu textuel dans un fichier TXT |
| Messageries | Autres formats de message (MSG, etc.) | Tolérés | Conversion en EML et traitement selon le cas EML |
| Messageries | Conteneur PST | Acceptés | Export brut du courrielleur et extraction des messages au format EML |
| Messageries | Autres formats de conteneur courriels (Mbox, etc.) | Acceptés | Export brut du courrielleur et extraction des messages au format EML |
| Messageries | Image au format .emz | Refusés | Non précisé |
| Messageries | Fichiers au format .dat | Refusés | Non précisé |
| Messageries | Carte de visite (.vcf) | Acceptés si intérêt archivistique | Non précisé |
| Messageries | Internet calendar and scheduling format | Acceptés si intérêt archivistique | Non précisé |
6.5. Pages Web
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Pages Web (HTML, CSS, JavaScript, etc.) | Contacter le service en charge de l’archivage définitif | Non précisé | Non précisé |
6.6. Fichiers système, fichiers temporaires et raccourcis
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Fichiers système, fichiers temporaires, raccourcis | Thumbs.db, Desktop.ini, pagefile.sys, .exe, .dll, DS Store file, etc. | Refusés | Non précisé |
6.7. Images fixes
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Images fixes | RAW, JFIF, "JPEG File Interchange Format", .jpe, .jpg, .jpeg, .jif, .jfif, .jfi | Acceptés | Sans traitement |
| Images fixes | TIFF | Acceptés | Sans traitement |
| Images fixes | PNG | Acceptés | Sans traitement |
| Images fixes | GIF | Acceptés | Sans traitement |
| Images fixes | Autres formats d’images fixes | Contacter le service en charge de l’archivage définitif | Non précisé |
6.8. Images animées
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Images animées | Conteneurs non compressés : AVI, MOV, MXF, MKV, MKS, MK3D | Acceptés | Sans traitement |
| Images animées | Fichiers contenus : FFV1, DV | Acceptés | Sans traitement |
| Images animées | Fichiers vidéo compressés : mpeg1, 2, 4/H264, H265, cinepak, WMV | Tolérés | Sans traitement |
| Images animées | Fichiers vidéo non compressés : DPX, AV1 | Tolérés | Sans traitement, puis conservation en l’état ou conversion en mpeg4 par le service en charge de l’archivage définitif |
| Images animées | Autres formats d’images animées | Contacter le service en charge de l’archivage définitif | Non précisé |
6.9. Fichiers son
| Types de données | Formats collectés | Statut | Traitement à prévoir |
|---|---|---|---|
| Fichiers son | Fichiers non compressés : WAV(BWF) | Acceptés | Sans traitement |
| Fichiers son | Fichiers non compressés : AIFF, PCM, Broadcast WAVE | Acceptés | Sans traitement |
| Fichiers son | Fichiers compressés : MP3, WMA, FLAC, AAC, OGG | Acceptés | Sans traitement |
7. Fiche pratique : indexation (classement, arborescence…)
L’organisation de la production électronique (fichiers, données, documents, dossiers) est indispensable pour retrouver et partager les informations. Une arborescence numérique est une organisation hiérarchique de répertoires, dossiers et fichiers. Il est préconisé que cette organisation corresponde aux missions et activités du service/structure et soit basée sur un plan de classement.
Bonnes pratiques :
- Une hiérarchie de répertoires et de dossiers allant du général au particulier,
- Une organisation thématique (aux niveaux supérieurs) puis chronologique, numérique ou alphabétique (aux niveaux inférieurs),
- Une centralisation de tous les documents de l’unité de travail (à définir),
- Des intitulés de répertoires, de dossiers, de fichiers, intelligibles par tous,
- La proscription de tout dossier « divers », « affaires générales » ou « à classer » …
- Une limitation à 5 niveaux hiérarchiques de répertoires et de dossiers à partir de la racine du serveur.
À noter que le référentiel de conservation doit aider à définir les différentes thématiques du plan de classement. Celui ne doit pas être calqué sur l’organisation de la structure en raison du caractère mouvant de toute organisation.
Toute abréviation utilisée au sein d’un plan de classement devra être expliquée via un document accessible à tous sous forme de liste commune (type glossaire associé).
Ce qu’il faut éviter :
- Des fichiers au même niveau que des dossiers
- Un nombre trop élevé de sous-dossiers, en raison des risques de création de dossiers inutiles, de perte de fichiers pendant les migrations et des difficultés à retrouver les documents.


8. Fiche pratique : nommage
La compréhension du contenu d’un dossier ou d’un fichier passe en premier lieu par la lecture de son nom et par conséquent par la clarté de son énoncé. Cependant dans la pratique on constate que la manière de les nommer varie d’un utilisateur à l’autre et il est bien souvent nécessaire d’ouvrir le fichier pour comprendre de quoi il s’agit réellement.
Le nommage des fichiers, lorsqu’il est adéquat, permet de regrouper des documents ou pièces qui sont fortement liés entre eux par le ou les sujets qu’ils concernent, mais aussi de différencier ces documents par leur statut (par exemple : validé ou non).
Pour toutes ces raisons il est indispensable d’élaborer, mais surtout de respecter, des règles communes de nommage pour faciliter et pérenniser l’accès à l’information et pour optimiser le partage et la sélection des documents (archivage, tri, élimination).
Bonnes pratiques :
- Les intitulés de fichiers doivent être succincts et précis, (éviter les « autres », « divers »…)
- Les intitulés de fichiers doivent comporter les éléments de nommage (cf. tableau ci-dessous)
- Supprimer les caractères spéciaux (, ; . : ! ? ’/ \ : * " ‹ › % ( ) @ \&$#..) et les signes diacritiques (pas d’accent ni de tréma, pas de cédille),
- Retirer les mots « vides » : « le, la, les, un, unes, des, et, ou, etc et les espaces vides
- Ne pas utiliser le nom des agents créateurs ou gestionnaires du dossier ou du fichier.
- Utiliser l’underscore pour séparer les éléments.
| Éléments | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| Domaine administratif fonctionnel | Utiliser une codification en lien avec la thématique reprise et insérée en tête des noms de fichiers. | COM : Communication SCO : Scolarité PUB : Publication CE : Conseil d’établissement |
| Sujet | Obligatoire Il s’agit du sujet principal traité au sein du document. Utiliser des noms communs, écrits en lettres minuscules, sans accent. |
Formation projet |
| Type de document | Obligatoire Qualifie la nature du document. Utilisation préconisée d’abréviations définies dans un document récapitulatif accessible à tous les agents. Toute abréviation sera en majuscules. |
CR : compte rendu OJ : ordre du jour ORG : organigramme |
| Date | Obligatoire Date de création du document ou de l’évènement. Format à l’américaine : AAMMJJ. |
20230531 |
| Version du document | Obligatoire Distingue les différentes versions d’un document. Signalées par un V majuscule suivi de deux chiffres. Version provisoire : VP. Version finale : VF. Version validée : VV. Version définitive : VD. Ces abréviations doivent être connues et intégrées au glossaire. Numérotation des versions : Par défaut, la première version est numérotée V0_0.Les versions suivantes sont indiquées par l’incrémentation du chiffre après le séparateur : V0_1, V0_2, etc., jusqu’à l’approbation.Une fois approuvé, le document prend un numéro de version majeure : V1_0, V2_0, etc.Recommandation : ajouter les initiales des personnes modifiant le document. |
_V0_0_V0_1, V0_2Version majeure : V1_0, V2_0_VV, _VD ou _VFCR_Comite_projet_V0_0CR_Comite_projet_V1_0CR_Comite_projet_MD_V1_0 |
À noter que l’ordre des différents éléments du nom n’est pas imposé et varie en fonction du mode de classement adopté dans chacun des répertoires de l’arborescence :
- Classement thématique :
Classement par sujet : sujet_type_date_version.extension
Exemple : CE_ORG_20230412_V0_1.doc - Classement par typologie de document : type_sujet_date_version.extension
Exemple : ORG_CE_20230412_V0_1.doc - Classement chronologique :
- Classement chronologique par sujet : date_sujet_type_version.extension
Exemple : 20230412_CE_ORG_V0_1.doc - Classement chronologique par typologie de document : date_type_sujet_version.extension
Exemple : 20230412_ORG_CE_V0_1.doc
- Classement chronologique par sujet : date_sujet_type_version.extension
9. Glossaire
glossaire| Terme | Définition |
|---|---|
| Conservation | Action qui consiste, au terme du tri, à sauvegarder les documents qui ne sont pas destinés à la destruction. C’est l’une des trois possibilités du sort final des documents proposés dans un référentiel de conservation. |
| CST (contrôle scientifique et technique) | Ensemble de procédures destiné à garantir et protéger le patrimoine culturel en France. Dans le cadre des archives publiques, il permet notamment de s’assurer que leurs conditions de traitement et de conservation sont satisfaisantes. Ce contrôle est exercé, par l’instance qui en a la charge, sur pièces et sur places, au moyen d'inspections et de visites de conseil. Il porte sur les conditions de gestion, de collecte, de sélection et d'élimination ainsi que sur le traitement, le classement, la conservation et la communication des archives. |
| Cycle de vie | Notion fondamentale faisant passer tout document ou donnée par trois périodes (courante, intermédiaire et définitive) caractérisées par la fréquence et le type d'utilisation qui en est faite et ce de la création ou réception à l’application du sort final (élimination ou conservation). |
| DUA (durée d’utilité administrative) et DUP (durée d’utilité pratique) | Durée légale (définie réglementairement) ou pratique (définie par l’usage et le besoin) pendant laquelle un document est susceptible d'être utilisé par le service producteur ou son successeur, et au terme de laquelle est appliquée la décision concernant son sort final. Le document ne peut être détruit pendant cette période qui constitue sa durée minimale de conservation. |
| Échantillonnage | Modalité particulière de tri appliquée à des documents ou données sériels suivant des critères statistiques. L’ensemble qui en résulte est appelé un échantillon. |
| Élimination | Procédure réglementée qui consiste à soustraire un ou plusieurs documents ou données de l’ensemble auquel ils appartiennent, car ils sont dépourvus d'utilité administrative, d’utilité pratique et d'intérêt historique. C’est l’une des trois possibilités du sort final proposées dans un référentiel de conservation. |
| Plan de classement | Système qui fixe l’organisation d’un ensemble d’archives, permettant de les classer et de les retrouver. |
| Référentiel de conservation | État des documents produits par un service ou un organisme, reflétant son organisation et servant à gérer ses archives courantes et intermédiaires, tout support confondu, et à procéder à l’archivage de ses archives définitives. Il fixe pour chaque type de document la durée d'utilité administrative ou d’utilité pratique, le sort final à appliquer, et éventuellement les modalités du tri. |
| RM (Records Management) | Processus d’organisation et de gestion de l’ensemble des documents ou données d’un organisme, depuis leur création et tout au long de leur cycle de vie. Il vise à garantir l’authenticité, la fiabilité, l’intégrité, l’exploitabilité, la conformité et l’exhaustivité de l’information ainsi gérée. |
| SAE (système d’archivage électronique) | Système informatique conçu et qualifié pour recevoir des archives électroniques. Il doit garantir l’intégrité, la pérennité, la sécurité, la confidentialité, la traçabilité, la réversibilité et la portabilité des données qui y sont archivées. Il ne s’agit donc ni d’une sauvegarde, ni d’une gestion électronique des documents (GED), car elles ne répondent pas aux mêmes exigences. |
| Sauvegarde | Duplication de sûreté des données d’un système informatique afin de pouvoir procéder à une restauration en cas de défaillance des données originales (perte d’un support de stockage, suppression accidentelle ou mal intentionnée…). La sauvegarde informatique est à distinguer de l’archivage électronique : elles ne répondent pas aux mêmes exigences réglementaires et normatives, ne font pas intervenir les mêmes moyens, et ne visent pas les mêmes finalités. |
| Sélection | Modalité particulière de tri qui consiste à choisir, en vue de leur conservation définitive, certains documents ou données dans un ensemble voué à l’élimination en fonction de critères qualitatifs. S’oppose à l’échantillonnage, procédure de caractère automatique et mathématique. |
| SF (Sort final) | Destination d'un document ou d'un ensemble de documents à l'expiration de sa durée d'utilité administrative ou d’utilité pratique proposée dans un référentiel de conservation : élimination, tri ou conservation définitive. |
| Tri | Opération consistant à séparer, aux termes d’une évaluation, dans un ensemble de documents ou de données, ceux qui doivent être conservés en raison de leur intérêt historique ou patrimonial de ceux qui sont voués à l'élimination. C’est l’une des trois possibilités du sort final des documents proposés dans un référentiel de conservation. |
| Versement | Opération matérielle et intellectuelle par laquelle la responsabilité de la conservation d'archives passe de l'administration à un service d’archives. Ce terme désigne aussi, par extension, les documents et données ainsi transférés. |
| Versions | Copies successives d’un même document permettant de figer son état à différents stades de son élaboration, afin de documenter son évolution et éventuellement de revenir à un état antérieur. |